Biographie Street Art : Qui est JR ? un photographe entre poesie et humanisme


Street Art : Qui est JR ? Biographie et Oeuvres


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Le street art a mille visages : des pochoirs de Banksy au tableau personnalisé d'après photos en passant par les installations gigantesques, il n'a de cesse d'évoluer et de nous surprendre. Voici donc l'histoire de JR et ses différentes expositions et projets. J'ai recoupé un grand nombre d'informations pour parvenir à faire une biographie complète de l'artiste tout en y ajoutant ma vision de son art.

 


Street Art JR : Qui se cache derrière l'artiste mystérieux ?


 

Né en 1983 de son vrai nom Jean René, JR est un des artistes de rue les plus connus de sa génération. Au même titre que Banksy ou encore Miss Tic, Jef Aérosol ou encore Blek le Rat, c'est un artiste engagé, novateur et qui fait rimer art urbain avec poésie.

 

Voici toutes les informations réunies autour de son parcours : Biographie complète de JR : c'est parti.

 

Ses grands portraits photos en noir et blanc recouvrent les murs du monde entier. Toujours dissimulé sous ses lunettes de soleil rondes et noires et son chapeau, l'artiste souhaitait rester anonyme jusqu'à ce qu'on découvre qu'il se nomme Jean René. Il a donc choisi les initiales de son prénom et l'aurait également fait en hommage au héros de la série télévisée « Dallas ». Désolé si je vous ai mis la chanson dans la tête.

 


Street Art JR : Les débuts de l'artiste


 

Dans un contexte d'émeutes dans les banlieues, en 2005, il signe son premier projet intitulé « 28 Millimètres : Portraits d'une génération» On y voit les visages des filles et garçons vivant en banlieue. Une génération souvent montrée du doigt par les médias qui, on peut le dire, diabolise en permanence les jeunes des quartiers défavorisés. JR souhaite alors réinterroger les passants sur le regard qu'on porte à ces « citoyens oubliés ». Il colle illégalement des affiches des portraits sur les murs de la cité des Bosquets puis à Clichy-sous-Bois, là où les émeutes avaient alors commencé.

 

 

Il a également filmé un court-métrage intitulé : « Les Bosquets » qui prend ses sources dans les émeutes de 2005. On y voit la beauté oubliée des personnes précaires qui jettent les préjugés médiatiques pour laisser place à l'énergie et au désir de s'en sortir.

 


Street Art JR : une enfance parisienne sur les marchés


 

Né en région parisienne à Montfermeil, il grandit dans un Hébergement à Loyer Modéré avec sa mère originaire de Tunisie et son père dont on sait peu de choses. Il fait ses études dans un collège à Le Pecq dans le 77.

 

Il a travaillé sur les marchés dès son plus jeune âge et, dans l'ombre des marchands, installait et rangeait les stands. Il aurait pratiqué un peu le graffiti avant de se lancer dans sa passion et son art : la photographie. D'après ses dires, il aurait trouvé, en 2001, un vieil appareil photo dans une petite sacoche, égarée par quelqu'un sur une ligne du RER. C'est alors qu'il se dit : « pourquoi pas photographier ses superbes endroits que je découvre chaque jour. » Il parcourut pendant plusieurs années l'Europe pour prendre en photo celles et ceux qui ,dans l'anonymat, façonnent le monde d'aujourd'hui et de demain. Du point de vue de la religion, JR se dit être dans le zoroastrisme (oui oui ça existe) et semble accorder une importance capitale aux mélanges des cultures du monde entier. De même il serait d'origine juive.

 


Street Art JR : Une galerie géante et des œuvres déjà cultes


 

Inutile de chercher ses photographies dans les musées, vous n'en trouverez pas ! Pour lui, la cité est un immense musée à ciel ouvert. Il vous faudra parcourir les capitales du monde et fouiner les coins des rues pour voir ses immenses collages grandeur nature. Vous trouverez un listing de ses expositions un peu plus bas dans cet article.

 

 

 

Il possède une immense galerie, probablement une des plus grandes sur Terre, rien que ça ! Il attire les regards de celles et ceux qui vagabondent dans les rues du monde entier avec ses immenses portraits de plusieurs mètres de haut. La plupart du temps, les œuvres représentent des personnes inconnues. Collées le plus souvent à même les murs, sur les toits de Paris ou encore dans les sous sols de la capitale. En 2007, au côté de Marc Berrebi, il se fait remarquer en organisant la plus grande exposition photographique d'art urbain sur le « mur de la honte » entre la Palestine et Israél. On peut y voir (cf ci-dessous) des portraits d'inconnus de part et d'autre d'une des frontières les plus surveillées au monde. Toute l'exposition est illégale et d'après les informations, il aurait fallu une équipe de plusieurs personnes pour surveiller les militaires lors de l'installation des photographies collées. Cette exposition se nomme « Face 2 Face ». Un film intitulé « faces » tourné pour l'occasion par Gérard Maximim, fait état de l'aventure dans son ensemble à Bethléem. Il sera prisé de nombreuses fois et permettra une fois de plus de parler de ce conflit avec un regard autre que médiatico-politique. Oui, moi aussi ça m’écœure qu'on continue de nous faire croire que la Palestine est un endroit dangereux . . . Bref !!

 

 

 

Près d'une dizaine d'amis et collaborateurs l'accompagne chaque jour. Parfois, il a besoin du double pour faire les installations les plus grandes. Il vit de son art et vend ses œuvres jusqu'à 200 000 euros !! Vous trouverez des liens directs vers son site un peu plus bas dans cet article. Et dire que mes tableaux d'après photos sont au maximum à 250 euros, alors que je peins tout à la main ! Ah la la, la notoriété, ça gagne !!:)

 

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Jr en pleine création !

Street Art JR : Portraits d'anonymes sur les murs du monde


 

Des favelas de Rio de Janeiro aux villes les plus pauvres du Kenya en passant par Paris, Los Angeles, Shangai et même Bethléem, JR sillonne le monde à la recherche de passants et d'habitants, citoyens du monde à photographier pour ensuite placarder leurs portraits via des collages géants en noir et blanc. L'efficacité visuelle la plus totale. Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards, des banlieusards, des mères de famille, des religieux, des sportifs, tout le monde est photographié par l'artiste et donne cœur à chacune de ses œuvres.

 



 

Il a également travaillé avec des danseuses d'opéras en redonnant une image plus moderne à ces petits rats bien souvent associés à la vieille France. Il a battu un record d'affichage en collant le regard d'une femme originaire d'Afrique (Kenya) sur pas moins de 7500 mètres de bande papier !! Comme vous pouvez le voir ci-dessous il a également travaillé pour le New York Times (en faisant la une, rien que ça!) en collant un homme qui déambule sur une hauteur hallucinante de 50m (Walking New York). C'était en 2015, et cette œuvre gigantesque a permis d'assoir définitivement la notoriété de l'artiste à l'échelle de l'art urbain mondial. Ce mec à la classe, il faut l'admettre.

 


Street Art JR : quel sens donne t-il à ses œuvres ?


 

L'ensemble de son travail ne semble pas définir un message précis. Son engagement d'artiste réside surtout dans le fait que les portraits représentent des inconnus vus par d'autres passants inconnus. Il occasionne alors une rencontre, un espace où liberté, partage et interrogations riment avec humanisme. Il semble vouloir redonner une âme aux murs de nos villes en rendant belles les vieilles façades abimées par le temps avec des sourires et des grimaces des citoyens du monde.

 

 

 

Il questionne également les notions de séparations et de frontières. Installées sur des murs clés du monde entier, ses œuvres réinterrogent l'homme moderne et la nature de nos interactions. Chaque œuvre nous fait nous demander : Pourquoi les religions sont encore en guerre ? Pourquoi les frontières n'ont de cesse de créer du conflit à travers le monde ? Pourquoi sommes-nous parfois si méfiants vis à vis des autres, de l'inconnu, de « l' étranger » ?

 


Toutes ses œuvres et expositions ? Où voir le street art de JR ?


  • Expo 2 Rue : premier projet, l'idée des collages géants sur les murs de la cité prend vie.

 

  • 28 Millimètres : CF plus haut

 

  • Portrait d'une génération : CF plus haut

  • Face2Face : Faire rire, grimacer et sourire des peuples en guerre depuis trop longtemps. Voilà ce que propose JR à des inconnus palestiniens et israéliens devant son objectif. 41 collages géants sont ainsi réalisés. Ils font face à huit grandes villes.

 

  • Inside out : En 2011, JR se voit obtenir une bourse de cent mille dollars pour créer ce qu'il intitulera le projet « Inside Out ». Un site internet dédié est alors créé. N'importe qui peut y faire imprimer le collage de son portrait. 4 ans plus tard, ce sont pas moins de trois cent mille personnes qui auront participé. Plus de 100 pays du monde sont concernés. Joli !!

 

  • Women are Heroes : Comme son nom l'indique, les femmes sont des héroînes ! Nan ! Pas la drogue (quoi que..elles nous rendent accroc). A l'instar de Miss Tic, Jr place alors la femme au centre du projet et des clichés photographiques. Celles qui sont trop souvent victimes de violences et d'atrocités que je ne citerai pas. Des photos de femmes en train de pleurer ou de rire, de sourire ou de grimacer, des regards espiègles, des regards perçants. Tout y est ! En grand otpimisme de l'avenir du monde, JR nous fait ainsi voyager dans les yeux et les visages des femmes du monde, comme pour dire : Oui, on existe bel et bien et on mérite le plus grand respect. Un projet immense et d'une beauté universelle. Chapeau l'artiste. Un film sera tourné pour l'occasion et sera diffusé lors de l'incontournable Festival de Cannes.

  • The Wrinkles of The City   (Les sillons de la ville) : Istanbul, Berlin, Shanghai, Carthagène, Los Angeles ou encore La Havane sont les villes choisies par l'artiste en guise de musée urbain. Cette fois-ci ce sont des portraits d'hommes et femmes marqués par le temps. Comme pour dire que la ville et les visages vieillissent de la même façon et subissent les outrages du temps. Ce projet aura lieu de 2010 à 2015.

  • Unframed : 2014, JR est invité en Suisse. Cette fois-ci il n'utilisera pas ses propres clichés mais ceux des Capa, Ray, Caron ou encore Helen Levitt. Ces symboles de la photographie son alors remis au goût du jour lors de l'exposition à Vevey. Comme un message de paix, il fera installer une photo gigantesque d'un minaret sur un des murs de l'ancien moulin.

 

  • Inside Out : C'est en mars 2011 que JR lance son site après avoir obtenu le prix TED ; CF plus haut.

 

  • Artocratie en Tunisie : Retour aux racines. JR , en collaboration avec 6 photographes, il va récupérer près d'une centaine de portraits et les afficher à la place de là où était installé Ben Ali. Les tunisiens ont dans l'ensemble, bien reçu ce projet bien que certaines affiches aient été déchirées rapidement.

 

  • AV et JR deux artistes en goguette : Un projet qui m'interroge énormément : Faire payer les français en crowfunding sur une plateforme célèbre pour financer une exposition de portraits d'habitants du Luberon. Les portraits seraient affichés dans les villages et les bourgades. C'est le seul projet avec lequel j'ai beaucoup de mal. Pourquoi faire financer un projet par les Français quand on est aussi connu et prospère économiquement ? Étrange …

 


JR street art : "l'art est un outil pour questionner le monde"


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Il a organisé un pique-nique géant à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

 

C'est la fin de cet article, j'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux et le commenter pour que j'ai des retours constructifs sur cette biographie de JR.

 

En guise de cadeau : voici les liens pour suivre l'artiste et une vidéo sur l'envers du décor lors du projet Face 2 Face.  A très bientôt !

 

Crédits photos : JR (Jean René) via site officiel.

 

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Commentaires: 2
  • #1

    THEOT Chantal (samedi, 17 novembre 2018 18:27)

    J'aime ce que vous faites ! Je suis passionnée par les yeux et le regard et le temps qui passe !
    Bravo

  • #2

    Auge Sandrine (vendredi, 30 novembre 2018 08:58)

    J'aime le parti pris de la gaité et de la spontanéité des photos de visages qui servent à créer du lien, photos tellement magiques quand elles sont un chemin vers "l'autre". Fan !