Ou est né le Street Art ?

Où et quand est né le street art ?

Contrairement à une idée largement répandue, le street art n'est pas si récent qu'il n'en à l'air ! C'est même beaucoup plus ancien qu'on ne le croyait. Des cavernes préhistoriques aux murs des capitales, en passant par l'Antiquité, les "illustrations urbaines" ont toujours permis l'expression du peuple et l'émancipation. Entre dénonciations, hommages et état d'âmes, l'art urbain est synonyme de liberté. Entre ce que je savais et ce que j'ignorais, voici quelques infos sur l'origine du mouvement street art. Bonne lecture à toutes et à tous !

origine street art et graffiti - schema résumé

Ils sont partout ! Sur les murs, les immeubles, les panneaux signalétiques et mêmes les bornes sur le bord de la route. Le mouvement street art, issu du graffiti, à longtemps été considéré comme du vandalisme et de la dégradation gratuite. Gratuite ? laissez moi rire ! Rien de plus dénonciateur qu'un bon vieux message allié à un pochoir pour exprimer son désaccord face au système dans lequel on évolue. La preuve, la publicité utilise actuellement de nombreux codes de l'art urbain pour faire vendre leurs conneries (Oups , je l'ai dit..).

 

Maintenant plus démocratisé, le mouvement street art connait un essor spectaculaire. Ceux qui écopaient de lourdes amendes et de nuits au poste de police, passent maintenant dans les journaux, les galeries et même à la TV. Ironique non ? Les artistes de rue ou "street artist", sont plus que jamais d'actualités. Mais alors, c'est quoi l'origine du street art ? j'y viens ! j'y viens !

 

Je n'aborderai que succinctement, dans cet article, l'origine du mouvement graffiti et son évolution. Même si les milieux sont étroitement liés pour ne pas dire imbriqués. Je vous invite à regarder ce documentaire merveilleux sur l'Histoire du graffiti à Paris depuis ses origines "Writers, 20 de graffiti à Paris". Vous en saurez plus sur l'évolution du graffiti en France.

origine du mouvement street art : deux théories majeures

La naissance du street art et son origine sont pour le moins discutées. Pour cette raison, je n'ai gardé que les deux grandes tendances communément admises :

 

1ère théorie :  Pour certains, il est né aux États-Unis (Waouuuu l'originalité !! ...) vers le fin des années 60.  Cornbread, considéré comme LE pionnier du mouvement Graff, signe tous les murs de Philadelphie par amour pour une femme. C'est beau non ? La presse locale le repère alors et lui lance un défi : poser son nom dans les endroits les plus impossibles qui soient. La médiatisation de l'affaire va déclencher des vocations dans toute la ville. C'est à mon sens l'acte de popularisation du mouvement graffiti. Bravant les interdits pour exprimer leurs voix : les "street artists" sont nés. Dans les rames de métro new-yorkais, les premiers graffitis voient le jour durant cette période. Les premiers vrais "Crew" (groupe en anglais) de graffeurs sont originaires de là-bas. Je ne citerai que les plus célèbres : TAKI 183 et Eva Barbara 62.

 

Deux choses caractérisent les premiers graffeurs :

 

- Ils désirent s'affranchir du modèle social dans lequel ils vivent

- ils sont bien conscients que la répétition d'une signature leurs donne une certaine notoriété.

 

Les premiers tags voient donc le jour sur les métros de New-York avec des groupes qui chaque matin tentent de recouvrir encore plus le métro avec leurs signatures. La concurrence entre groupes est rude et le choix d'imposantes lettres bombées à l'aérosol voit le jour. Une manière de prendre de l'espace et d'être vu. C'est alors que né le "writing" ou le père du graffiti. Rapidement, les styles, formes et compositions évoluent, laissant place à l'abstrait et définissant des catégories de graffs (throw up, wildstyle, etc..) qu'on retrouve encore aujourd'hui sur les murs de nos villes.

 

2ème théorie :  L'origine du street art est plus lointaine : dans la Vallée des rois d'Egypte, dans l'Agora d'Athènes et même sur le site de Pompéi, des illustrations sur pierres ont été retrouvées. Elles transmettaient des messages politique, religieux ou encore personnels. Si on va par là, les premiers "street artists" sont les hommes des cavernes... Pourquoi pas ! le street art demeure, selon moi, plus qu'un moyen d'expression libre : c'est le plus souvent un message personnel qui est délivré pour faire réagir le passant. Faire réfléchir, remettre en question et pourquoi pas faire évoluer les mentalités sur l'espace qui nous entoure : c'est selon moi le but principal du street art.

Chronologie de l'évolution du street art et du graffiti

chronologie origine du street art et du graffiti

La naissance du premier graffiti ? "Kilroy was here"

Comme je le disait précédemment des grottes préhistoriques aux hiéroglyphes, le graffiti existe depuis toujours. Il existe trois théories sur le célèbre graffiti "Kilroy was here". J'ai gardé celle qui me plaisait le plus.

C'est en pleine seconde guerre mondiale à Détroit qu'est né le premier graffiti ( au sens strict, c'est à dire réalisé à la bombe). Kilroy, un américain qui travaillait dans une usine de fabrication de bombes, à écrit « Kilroy was here » (ce qui signifie « Kilroy était là ») sur les murs de sa chaîne de production et sur les bombes elles-mêmes. Kilroy eut rapidement une bonne réputation chez les soldats américains qui larguaient des bombes en scandant ce slogan et en l'écrivant sur les murs des endroits où ils passaient.

 

Kilroy a beaucoup fait parlé de lui :  Staline souhaitait savoir qui il était. Hitler pensait que c'était un espion américain infiltré chez les nazis !! C'est pas marrant ça ?

 

Après coup, sur les champs de bataille et sur les murs des villes reprises aux mains du régime nazi, de nombreux soldats se sont amusées à écrire « Kilroy was here ».
Cette anecdote historique marquerait la naissance du premier graffiti. Même si j'aime beaucoup l'histoire, je me laisse à penser que tout ça va bien dans le sens de l'impérialisme américain et de sa fâcheuse tendance à s'approprier l'Histoire. Après ça n'engage que moi. . . #RIPAmerindien
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Contexte, propagation et évolution du street art

I - Le contexte de crise

 

En 1968, de nombreux pays industrialisés tels que la France font face à une vague de contestation de la société de consommation et du capitalisme. Crise étudiante des universités, de Nanterre jusqu'à Paris, crise sociale et grèves qui aboutiront à une véritable crise politique aujourd'hui connu sous le nom de Mai 68.

Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1978 sonnent le glas des "30 glorieuses" et le milieu industriel entre en crise. Les conséquences sont désastreuses : exclusions sociales, inégalités, chômage, début de la ghettoïsation des jeunes de banlieues, etc...

Ce contexte favorise ainsi le développement de moyen de contestation par la communication visuelle : graffiti, pochoirs, slogans, installations, etc.. Les premiers street artistes semblent appartenir à cette période. Je vous invite à lire mes articles sur Miss Tic, Jef Aérosol, C215 pour en savoir plus sur les figures incontournables de la scène street art française.

II - Propagation du graff et du street art dans le monde

A cause d'une loi qui puni les graffeurs, au début des années 80, à New-York, ils migrent. Ils vont d'abord vers les quartiers défavorisés, puis vers les autres grandes villes américaines. Bien que considéré comme un art à part entière par de nombreux artistes et spécialistes, la propagation rapide du graffiti impose au politiques la création de lois qui cadrent (pour ne pas dire "qui veulent détruire") le mouvement.

 

On voit apparaître des graffs à Chicago, Los Angeles, Paris, Berlin, etc... un seul mot d'ordre pour les artistes : Liberté d'expression. Inutile de préciser que l'aspect illégal du mouvement attire de nombreux artistes à travers le monde. Le mur de Berlin, symbole mythique de la défaillance politique, a été entièrement graffé et recouvert de pochoirs et autres slogans pour dénoncer et protester cette séparation.

 

En France, et notamment à PARIS, comme c'est expliqué dans le documentaire "Writers" disponible plus haut, le mouvement explose, les murs, devantures de magasins et rames de métro sont couverts  de graffs et tags. Les crews se multiplient, rivalisent d'ingéniosité pour être visible partout. Rapidement, l’État organise une chasse aux graffeurs. Les amendes grimpent jusqu'à des dizaines de milliers d'euros et les peines de prison vont jusqu'à 2 ans d'emprisonnement.

 

De fait, seuls les vrais, les acharnés, les passionnés, les débrouillards et les pionniers subsistent. Il est temps de redéfinir un moyen d'expression qui comporte moins de risque. En effet, la réalisation d'un graff est parfois longue et trop exposée. Certains artistes choisissent alors le pochoir comme mode d'expression. Rapide et pré-fabriqué en atelier, il interpelle et est souvent accompagné d'un message. Posé la nuit dans des endroits passants et stratégiques, ils deviennent de plus en plus présents. Les supports deviennent de plus en plus variés et le nom 'street art' est alors attribué à ces types de graffitis. Ci dessous un schéma des différents supports. N'hésitez pas à aller lire mes précédents articles sur Miss tic, jef aérosol, Shepard Fairey et Grace Brett, la mamie du street art pour voir leurs styles et connaître leurs histoires.

origine street art - schéma des supports

III - la démocratisation du street art

La première expo en galerie à New York date de 1972, dès le début du mouvement. C’est Hugo Martinez, critique d'art, qui fonde United Graffiti Artists. Ce collectif sort de l'anonymat et créé des expos pour être reconnu et vendre : on y retrouve Phase 2 ou Stay High 149, de véritable pointure du milieu. Il y aura ainsi toujours beaucoup de défiance entre le graffiti et le pop art, qui revendiquait la récupération à outrance, et un caractère marchand.

 

Fin des années 90, puis rapidement toute la décennie 2000, les street artistes sont de plus en plus nombreux, le graffiti est de plus en plus démocratisé et apparaît dans les magazines, la télévision, les publicités, etc... Très rapidement, un business apparaît : faire la promotion de son travail en galerie, vendre des portraits et des affiches dans le style urbain, vendre ses toiles, fabriquer des objets de décoration d'intérieur,  etc... J'ai d'ailleurs écrit un article sur la décoration street art.

 

Une véritable ferveur s'empare du public. Le graffiti plait et il est accessible. Les puristes sont farouchement opposés à l'idée de commercialisé l'Art urbain. La gratuité du graffiti est la pierre angulaire du mouvement. Pire, l'institutionnalisation ( pas facile à sortir celui la) du mouvement fâche les puristes. Personnellement, je trouve que c'est un excellent moyen de faire entrer le mouvement dans l'Histoire. Donné accès au plus grand nombre et même transmettre nos savoirs et techniques.

Je vends moi-même des portraits personnalisés d'après photos. Des tableaux street art co-créé par moi et mon client. J'aime l'idée de permettre à tout type de public de créer sa propre oeuvre d'art urbaine. Allez faire un tour sur la page Offres si ça vous chante.

Origines et naissance du street art : Conclusion

Entre ceux qui souhaitent que l'art urbain reste dans la rue et ceux qui préfèrent le développer, une chose est sûre : son intégration à la société restera toujours un sujet délicat. Profondément ancré dans la culture post-moderne, le mouvement street art est un des moyens d'expressions les plus riches de ces dernières décennies. Bien que toujours dans le collimateur des autorités judiciaires, il survit grâce à sa diffusion (vive internet !), sa transformation et sa transmission. Aujourd'hui nombreuses sont les associations qui regroupent des artistes de rue et font la promotion de leurs travaux auprès du grand public. Le "M.U.R." est l'une des pionnières. Dans les maisons de quartiers et bientôt les maisons de retraites, toutes les générations seront bientôt concernés et donc actrices du mouvement. Une femme comme Grace Brett, considérés comme la "mamie du street art" montre bien que les frontières conventionnelles s'effacent et laissent peu à peu place à la liberté d'expression dont on a tant besoin.

 

Cet article est à présent terminé. Je vous invite à le commenter, et à le partager sur les différents réseaux sociaux de manière à faire connaître les origines du mouvement. Merci et à très bientôt !

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